Aller au théâtre, c'est quand même un gros coup de poker. On a le droit à un résumé forcément élogieux, il n'existe pas de bandes-annonces, de "allothéâtre.com" ou de fichiers torrents à télécharger histoire de se faire une idée. L'avantage du net alors, c'est de pouvoir trouver sur moult et moult sites des commentaires élogieux.

On s'est fendu la gueule.
C'est une pièce très drôle.
Un texte excellent.

Etcétéra, etcétéra.
J'en passe histoire de ne pas y rester la nuit, mais en gros, c'était carrément encourageant. D'autant qu'en arrivant au théâtre Caumartin, l'affiche est ornée d'un magnifique "1800e" ce qui veut dire qu'on a à faire là à un grand succès qui, de facto, déchire ça mère et peut-être même un bout de son père.

Salle comble, meilleur présage.

Et effectivement les gens ont beaucoup rit. Beaucoup. Mais vraiment !

Moi ? Moins. Peu même. J'ai souris. Certes, j'ai lâcher quelques "Ahah" aussi sonores que primaires. Des blagues drôles, mais faciles, et lourdes, qui se sont succédées pendant une heure et quelques dizaines de minutes supplémentaires. Le texte est faible, il n'est ici question que d'enchainer des vannes et de l'humour de caniveau. Celui que l'auteur essaye généralement d'enjamber pour garder les pieds secs. Ici, Carole Greep (l'auteur) se vautre dedans et en imprègne la moindre ligne sans chercher autre chose que le rire gars et lourd du parisien qui pourra s'endormir heureux, le soir, cuisant dans ses propres pets qu'il lâchera plus haut que son cul, de se sentir cultivé.

Alors, moi, et tant pis pour la modestie qui de toute façon ne m'étouffe que rarement, je me dis que je peux bien en faire quelque chose de mes textes. Y a pas de raison.