Qui a joué, jouera
Par Pitoum, dimanche 16 novembre 2008 à 14:30 :: Ca se conjugue pas :: #3 :: rss
Mon addiction profonde n'est pas flagrante. Au premier abord à priori. Certes, il émane de ma personne de vieux relents de geek macéré dans des litres d'Ice Tea et de Nutella à la petite cuillère. Mais il me semble que mon principal travers, ma coke à moi, ne se lit pas sur mon visage.
Parce que voyez-vous, je suis un joueur. Un gamer comme on dit entre nous. Il y a une différence fondamentale entre geek et gamer. Le geek voue une passion immodéré pour l'informatique, son utilisation, ses dérivés, ses communautés. Si aujourd'hui n'importe quel prépubère boutonneux passant plus de temps à se masturber devant son écran qu'à piquer des magazines pornos chez le buraliste du coin sera affublé de ce noble g-word à la base il n'en était rien. Mais passons, ce n'est pas le propos.
Je suis gamer. J'aime les jeux vidéo comme j'aime les bouquins ou le cinéma. Je peux passer une nuit blanche, deux journées complètes, que sais-je encore, scotché à un jeu, pour le finir, pour arriver au bout.
En société, je l'évoque avec humour. Oui j'aime les jeux vidéo, mea culpa, on a tous des défauts. Mais il y a une différence entre aimer les jeux vidéo, faire des soirée PES avec des potes (gosh, quel jeu atroce) et frémir en mettant le DVD de Metal Gear Solid 4 dans sa console, achetée pour l'occasion, avec la télé qui va bien. 950€ le jeu au total. Oui rien que ça. Je m'en fous, j'assume. Il y a une différence entre lancer une partie de Mario Kart pour se détendre, et attendre patiemment de se payer Gears of War 2 parce qu'on sait qu'on bloquera dessus, et qu'il faut bien un week-end pour se lancer dedans, parce qu'on décrochera pas. Ca non, on décrochera pas.
Je suis un gamer.
Hier encore, j'ai fini Mirror's Edge, acheté la veille. J'ai passé quatre heure pour tenter d'approcher d'un record mondial sur un parcours d'obstacle. Mourir, recommencer. Grappiller des secondes, sauter avant, se retourner, serrer la manette, les yeux rivés sur l'écran, secs. Rien à foutre. Laissez moi vivre. Je joue.
Cette addiction, je la masque le plus souvent. Parce que je fais d'autres choses, que je n'ai pas les moyens financiers et humains de me jeter corps et âme dans tous les jeux qui me tentent. C'est pas l'envie qui manque mais j'arrive à me raisonner. Mais quand je me laisse aller à mes réelles pulsions, je suis compulsif, je joue jusqu'au mal de crâne, jusqu'à la vue qui se brouille, jusqu'à ce que le clavier ou la manette me tombe des mains.
Hier soir, j'ai précommandé Left 4 Dead. Sur PC. Évidemment.
A partir de mardi, je replonge.
Et Marcus [1] qui m'attend. Et Marcus qui m'attend...
Notes
[1] Héros des jeux Gears of War et Gears of War 2
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